Cinnado B6 : le soleil, le Wi-Fi 2,4 GHz et la carte microSD décident avant la pose

Analyse de la Cinnado B6 : panneau solaire, 2K, rotation 345°, détection PIR. Ce que la fiche ne dit pas sur le Wi-Fi 2,4 GHz, le stockage et la pose.

La Cinnado B6 vise un besoin précis : surveiller une zone extérieure sans tirer de câble d'alimentation ni percer une prise. Elle combine un panneau solaire, une batterie intégrée et une liaison Wi-Fi. Avant de la choisir, je vérifie surtout trois points que la fiche commerciale n'aborde pas clairement : le type de réseau Wi-Fi supporté, l'ensoleillement réel de l'emplacement de pose et le mode d'enregistrement retenu. C'est là que se décident la fiabilité au quotidien et le coût d'usage.

Une caméra solaire qui dépend d’abord de son emplacement

Le fonctionnement annoncé repose sur un panneau solaire couplé à une batterie rechargeable. Concrètement, cette architecture supprime le câble d’alimentation, mais elle déplace la contrainte : c’est le soleil qui devient la source d’énergie. Un panneau exposé plusieurs heures par jour devrait suffire à maintenir la charge ; à l’ombre d’un mur, sous un auvent ou en hiver avec des journées courtes, la batterie risque de se décharger et la caméra de s’arrêter. La fiche du fabricant le mentionne d’ailleurs explicitement : il faut « une exposition à une lumière solaire suffisante » et maintenir une puissance suffisante.

Pour moi, cela signifie qu’une caméra solaire comme celle-ci ne se pose pas n’importe où. Elle convient bien à un pignon exposé sud, à un portail dégagé ou à un mur de garage sans accès électrique. Elle convient moins à un recoin ombragé, même si l’étanchéité IP65 autorise la pose sous la pluie. L’IP65 protège contre les projections d’eau, pas contre l’absence de soleil.

Autre point de vigilance : je ne vois dans les données aucune indication sur la capacité de la batterie en mAh, ni sur le temps de recharge, ni sur l’autonomie annoncée sans soleil. Ce sont des chiffres qui manquent pour évaluer la tenue en hiver ou lors d’une semaine couverte. Je recommande donc de vérifier la consommation réelle après quelques jours, en surveillant le niveau de batterie dans l’application, avant de considérer l’installation comme stable.

Un mot sur l’alimentation : la fiche indique une tension de 5 volts en courant alternatif. En pratique, ce type d’appareil fonctionne en courant continu via un adaptateur ou le panneau solaire. Je m’attends à ce qu’il s’agisse d’une simplification de la fiche et non d’une alimentation alternative à brancher, mais je préfère le signaler : c’est le genre d’ambiguïté à lever avant de connecter l’appareil à une source autre que celle fournie.

Ce que permet vraiment la rotation 345° et le capteur 2K

La B6 tourne sur 345° à l’horizontale et 60° à la verticale. Je décompose : 345° signifie qu’il reste un secteur mort d’environ 15° dans le cercle. Ce n’est pas un défaut en soi, mais cela veut dire qu’une zone très précise, juste derrière la caméra sur son axe de rotation, peut ne pas être couverte. Pour une cour ou une entrée, cela reste large. Pour une surveillance périmétrique complète à 360°, il faut accepter ce petit angle mort ou décaler la caméra.

La résolution 2K annoncée permet de distinguer des détails que du 1080p rend flous, notamment un visage ou une plaque à quelques mètres. C’est utile pour identifier, pas seulement pour constater. Attention toutefois : le champ de vision indiqué est de 95°, ce qui est étroit pour une caméra dôme motorisée. Un objectif plus serré améliore la densité de pixels, mais oblige à multiplier les points de vue ou à compter sur la rotation pour balayer la zone. J’y vois un compromis classique : moins de couverture fixe, plus de détail.

Le zoom est annoncé comme numérique, avec une mention de 4x optique dans les spécifications. Ces deux informations sont contradictoires : soit il s’agit d’un zoom numérique interpolé, soit il existe un zoom optique. Sans précision supplémentaire, je considère qu’il faut vérifier ce point, car l’impact sur la qualité d’image en zoom est important.

La vision nocturne repose sur 4 LED blanches et 4 LED infrarouges. Le choix entre éclairage couleur et infrarouge permet d’adapter la discrétion et la lisibilité. La nuit couleur consomme généralement plus d’énergie que l’infrarouge, ce qui peut peser sur l’autonomie solaire. Un propriétaire qui privilégie la discrétion aura intérêt à rester en infrarouge ; celui qui veut identifier une couleur de véhicule ou de vêtement acceptera une consommation plus élevée.

Détection PIR, sirène et stockage : les vrais arbitrages

La détection est assurée par un capteur PIR, qui réagit à la chaleur corporelle plutôt qu’au mouvement de branches ou de voitures. C’est un choix pertinent pour limiter les fausses alertes. La caméra enregistre alors un clip de 10 secondes et peut déclencher une sirène. Deux limites apparaissent dans les données : la détection « nécessite un bon réseau », ce qui est une formulation vague, et surtout l’absence de support 5G Wi-Fi est explicitée. Traduction : cette caméra fonctionne sur la bande 2,4 GHz. Si votre box n’émet que du 5 GHz ou si le signal 2,4 GHz est faible à l’endroit de la pose, la connexion risque d’être instable, voire impossible. C’est le premier point à vérifier avant l’achat.

Le stockage se fait soit par carte TF jusqu’à 128 Go, non fournie, soit par abonnement au cloud. La mention selon laquelle les enregistrements peuvent être conservés trois jours demande à être précisée : s’agit-il d’un délai lié à la carte ou au cloud, et dans quelles conditions ? En l’absence de détail, je considère que c’est une information à clarifier auprès du vendeur. Pour un usage sans abonnement, il faut donc ajouter une carte microSD au panier, ce qui n’est pas inclus.

Le son bidirectionnel via haut-parleur et micro permet de parler à distance. C’est pratique pour dissuader ou guider un visiteur. La qualité audio n’est pas documentée, donc je ne peux pas me prononcer sur sa clarté.

Points forts et limites

Les plus

  • Alimentation solaire avec batterie intégrée : pas de câble d'alimentation à tirer
  • Rotation 345° horizontal et 60° vertical pour balayer une large zone
  • Détection PIR humaine et sirène automatique en cas d'alerte
  • Vision nocturne commutable entre infrarouge et LED blanches couleur

Les moins

  • Fonctionne uniquement en Wi-Fi 2,4 GHz, pas en 5 GHz
  • Carte TF non fournie, jusqu'à 128 Go seulement
  • Autonomie et capacité de batterie non précisées dans les données
  • Champ de vision limité à 95° malgré la rotation motorisée

Caractéristiques clés

Élément Valeur
Résolution 2K
Rotation 345° horizontal, 60° vertical
Champ de vision 95°
Vision nocturne 4 LED blanches + 4 infrarouges, couleur la nuit
Détection PIR, alerte mouvement
Stockage Carte TF jusqu’à 128 Go (non fournie) ou cloud
Étanchéité IP65
Alimentation Panneau solaire + batterie intégrée
Wi-Fi Non compatible 5 GHz
Garantie 2 ans

Mon avis sur la Cinnado B6

Je retiens de cette Cinnado B6 une proposition cohérente pour qui cherche une caméra extérieure autonome en énergie, sans câble d’alimentation. Le panneau solaire, la batterie, la détection PIR et la rotation motorisée forment un ensemble pensé pour un usage résidentiel simple : surveiller une entrée, un garage ou un jardin, avec l’appoint d’une sirène et d’un haut-parleur.

Elle semble adaptée à un emplacement bien exposé au soleil, dans un rayon Wi-Fi 2,4 GHz correct, et à un utilisateur prêt à gérer lui-même son stockage. Elle convient moins à une zone ombragée toute l’année, à un logement dont la box n’émet qu’en 5 GHz, ou à qui veut éviter tout abonnement cloud sans acheter de carte mémoire. Le grand angle mort de 15° et le champ de 95° imposent aussi de réfléchir à la pose avant de percer.

Le principal inconnu reste l’autonomie réelle et la consommation selon les modes de vision nocturne, car aucune donnée de batterie n’est fournie. Je recommande de vérifier la compatibilité Wi-Fi, l’ensoleillement de l’emplacement et le mode de stockage avant de commander de quoi installer la caméra.