YESYAMO C8TB-2PCS : deux caméras solaires à 355°, mais l'autonomie reste une inconnue
Avis sur la YESYAMO C8TB-2PCS : couverture 360°, solaire, 2K, IP66. Je détaille les compromis réels et les points à vérifier avant d'installer ce duo.
Deux caméras extérieures alimentées par un petit panneau solaire, reliées en 2,4 GHz, avec une rotation motorisée à 355° : sur le papier, la YESYAMO 2PCS 2K Camera Surveillance WiFi Exterieure sans Fil Solaire coche les cases du kit sans tranchée ni prise de courant. Mais l'autonomie réelle d'une caméra solaire dépend d'un paramètre que la fiche commerciale ne chiffre pas : l'ensoleillement de votre mur. Avant de vous décider, je vous propose de déplier ce que chaque caractéristique implique concrètement, et où se situent les inconnues.
Que change réellement la rotation à 355° et le zoom 5x ?
La rotation parallèle de 355° et verticale de 90° est pilotée depuis l’application. En clair : une seule caméra peut balayer une façade entière ou un coin de jardin, là où un modèle fixe exigerait deux ou trois unités. C’est le principal argument du kit. Le revers, c’est que « couverture à 360° » ne veut pas dire « vision simultanée à 360° » : la caméra pivote, elle ne filme pas partout en même temps. Une zone n’est couverte que lorsque la caméra s’y trouve. Si un événement se produit de l’autre côté pendant que l’objectif regarde ailleurs, il ne sera pas enregistré.
Le zoom annoncé à 5x est un zoom numérique, pas optique. La différence est importante : un zoom numérique recadre l’image et l’agrandit, il ne fait pas apparaître plus de détails. Sur un capteur 2K, un recadrage 5x laisse une image sensiblement plus molle. Je le vois comme un outil de confort pour identifier un visage déjà cadré, pas comme un moyen de lire une plaque d’immatriculation à trente mètres. La mention « mise au point automatique » dans les caractéristiques va dans ce sens : le bloc optique gère la netteté de la scène, sans promettre de piqué à fort grossissement.
Solaire et sans fil : ce que « 365 jours par an » suppose
Le kit comprend un panneau solaire relié par un câble de 3 mètres et une batterie rechargeable. Connecté ainsi, il fonctionne sans câble d’alimentation ni câble réseau. C’est un vrai avantage pour une dépendance, un portail ou un mur de garage, surtout si le prestataire n’avait pas d’alimentation à proximité. Mais l’affirmation « 365 jours par an » est une promesse commerciale, pas un relevé de consommation. Trois facteurs décideront de votre autonomie :
- l’ensoleillement de votre région et l’orientation du panneau (plein sud, sans ombre portée) ;
- le nombre de détections par nuit, car la vision nocturne couleur, l’alarme lumineuse et les alertes consomment ;
- la longueur du câble solaire (3 m), qui limite l’écart possible entre le panneau et la caméra.
En hiver, avec des journées courtes et un mur mal exposé, je m’attends à ce que la batterie travaille en déficit. Le produit ne fournit aucune capacité en mAh, aucune consommation veille, aucun seuil de déclenchement solaire : impossible de calculer une autonomie théorique. C’est l’information manquante la plus lourde du dossier, et celle que je vérifierais en priorité par des avis d’utilisateurs sur plusieurs mois.
Autre point à cadrer : le 2,4 GHz uniquement. Pas de support du 5 GHz. Ce n’est pas un défaut en soi — la portée du 2,4 GHz traverse mieux les murs — mais cela signifie que votre box doit émettre un réseau 2,4 GHz accessible là où la caméra sera installée. Un réseau 5 GHz seul ne suffira pas.
Détection PIR et alertes : utiles, mais à paramétrer
Le capteur PIR analyse les contours humains pour réduire les fausses alarmes. C’est le bon sens même de la surveillance extérieure : sans filtre, un chat ou une branche déclencherait des notifications toute la nuit. La « triple alerte » combine lumière, sirène et notification téléphonique annoncée en 1 seconde, avec diffusion de voix. En pratique, cette notification dépend de votre connexion Wi-Fi et de votre opérateur : la seconde annoncée est une valeur de laboratoire, pas une latence garantie chez vous.
La détection humaine par IA et la vision nocturne couleur à quatre LED infrarouges complètent le tableau. Je note que toutes ces fonctions sont décrites par le fabricant sans indice de performance chiffré : pas de distance de détection, pas de champ PIR, pas de résolution exacte du capteur au-delà de la mention 2K. Ce sont des éléments que seul un usage réel permet de juger.
Stockage et étanchéité : les points concrets
L’IP66 promet une résistance aux jets d’eau et à la pluie. Pour une caméra extérieure, c’est un minimum cohérent, mais cela ne dit rien sur la tenue des joints dans le temps, ni sur la condensation interne aux changements de température. La mention « type de chambre : garage » dans les spécifications indique un usage pensé pour un espace couvert plutôt qu’en pleine exposition, ce qui nuance l’argument « tous les temps ».
Côté stockage, deux voies : carte micro SD jusqu’à 128 Go, non fournie, ou cloud avec un essai gratuit de 7 jours. Passé ce délai, je suppose qu’un abonnement devient nécessaire pour conserver l’enregistrement à distance — le texte ne le précise pas. Si vous voulez éviter tout abonnement, prévoyez une carte micro SD dès l’installation et vérifiez que l’enregistrement local reste actif sans connexion cloud.
Points forts et limites
Les plus
- Rotation motorisée 355°/90° qui couvre une large zone avec une seule caméra
- Fonctionnement sans fil grâce au panneau solaire et à la batterie rechargeable
- Détection PIR avec analyse humaine pour limiter les fausses alarmes
- Étanchéité IP66 revendiquée et stockage local jusqu'à 128 Go
Les moins
- Aucune capacité de batterie ni consommation annoncée : autonomie solaire non vérifiable
- Wi-Fi 2,4 GHz uniquement, incompatible avec un réseau 5 GHz seul
- Le zoom 5x est numérique, il agrandit sans gagner en détail
- Carte micro SD non fournie et stockage cloud limité à un essai de 7 jours
Caractéristiques clés
| Élément | Donnée annoncée |
|---|---|
| Modèle | YESYAMO C8TB-2PCS, lot de 2 |
| Résolution | 2K QHD, zoom numérique 5x |
| Rotation | 355° horizontal, 90° vertical |
| Connexion | Wi-Fi 2,4 GHz uniquement |
| Alimentation | Panneau solaire (câble 3 m) + batterie rechargeable |
| Étanchéité | IP66 |
| Stockage | micro SD jusqu’à 128 Go, cloud (essai 7 jours) |
Mon avis sur la YESYAMO C8TB-2PCS
L’intérêt principal de ce duo est clair : couvrir deux angles d’une façade sans tirer de câble d’alimentation, avec une rotation motorisée qui compense le champ limité d’un objectif fixe. Je le vois bien adapté à une maison isolée, un garage ou un portail où l’électricité n’arrive pas, à condition que le mur choisi reçoive du soleil une bonne partie de la journée. Il convient aussi à quelqu’un qui accepte de passer un peu de temps dans l’application pour régler la sensibilité PIR et les zones de détection.
Il conviendra moins à ceux qui veulent une surveillance continue et simultanée sur 360°, ou qui comptent sur le cloud sans abonnement, ou qui redoutent de devoir grimper sur une échelle en hiver pour recharger une batterie. La limite la plus sérieuse reste l’absence de données d’autonomie : sans capacité de batterie ni consommation annoncée, personne ne peut vous garantir une année complète sans intervention. Avant d’acheter, je vérifierais donc l’ensoleillement réel de l’emplacement, la présence d’un réseau 2,4 GHz à cet endroit, et je prévoirais une carte micro SD pour ne pas dépendre du cloud. Le reste — qualité d’image de nuit, pertinence des alertes, tenue des joints — ne se jugera qu’à l’usage.